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Se former à l'IA

Pourquoi est-ce devenu inévitable ?
5 août 2026 par
Franco Massimiliano

Pourquoi la formation à l'IA est devenue inévitable ?

L’IA et ses fréquentes évolutions déferlent sur les entreprises, partout dans le monde et sur tout type de métier. La vraie question n’est plus « faut‑il utiliser l’IA ? », mais « sommes-nous prêts à l’utiliser de façon responsable, utile et durable ? ».

Dans beaucoup de PME et de collectivités, l’IA est déjà là : dans les outils, les services, les habitudes des équipes. Mais son utilisation ne dépasse généralement pas les fonctions de base. Les coûts s’accumulent et certaines organisations commencent déjà à reconsidérer leurs abonnements IA quand les usages restent superficiels.

Pour qu'un projet ait du succès, qu’il inclut de l’IA ou non, plusieurs éléments sont essentiels au départ pour favoriser le succès, notamment : une décision d’entreprise, la priorisation des ressources et un accompagnement aux changements apportés par le projet.

Cet accompagnement généralement est composé d'informations et de formations. En ce qui concerne l'intelligence artificielle, c'est comme pour l'usage d'outils de bureautique, ce n'est pas seulement la connaissance qui permet d'être à l'aise et efficace avec un outil, c'est la pratique.

De nos jours, nous ne nous posons plus la question si nous devons former le personnel sur les outils de tableur ou sur les traitements de texte. C'est devenu une évidence. Ce qui ne l'est pas aujourd'hui, c'est que l'utilisation de l'intelligence artificielle est en train de devenir une commodité à laquelle peu de personnes sont vraiment formées pour en retirer de vrais bénéfices.

Quand on oublie de prendre soin de l’arbre

Dans une oliveraie, personne ne s’attend à une bonne récolte si l’on néglige les arbres.

On peut investir dans des machines, optimiser la logistique, communiquer sur la marque… mais si le sol est pauvre, si les racines ne sont pas entretenues, les fruits ne suivent pas.

En entreprise, l’intelligence artificielle fonctionne exactement de la même façon.

On peut acheter des licences, lancer des pilotes, parler de “transformation numérique” et “agents IA” ; si les équipes ne sont ni formées ni accompagnées, les résultats restent timides, voire décevants. C'est les premiers retours qu'on voit dans le marché aujourd'hui. De nombreux projets seront lancés avec plein d'espoir et des coûts élevés, mais les bénéfices sont faibles et beaucoup de projets sont stoppés [trouver les références].

Former à l’IA, c’est prendre soin de l’arbre avant de vouloir accélérer la récolte.

AI Literacy : un nouveau mot pour un besoin très ancien

On parle de plus en plus d’AI Literacy : la littératie en matière d’IA.

Sous ce terme, il y a une réalité très concrète : savoir ce que fait un système d’IA, ses limites, ses risques et la place du jugement humain dans l’équation.

La Commission européenne résume l’AI Literacy comme un ensemble de compétences, connaissances et compréhension permettant de déployer l’IA de manière éclairée, avec conscience des opportunités et des risques. Dit autrement : ce n’est pas seulement “savoir utiliser ChatGPT”, mais savoir quand l’utiliser, comment le recadrer, et quand dire non.

Dans le cadre de l’AI Act, l’article 4 impose déjà aux fournisseurs et déployeurs d’IA de prendre des mesures pour assurer un niveau suffisant de littératie IA pour les personnes qui utilisent ou opèrent ces systèmes.

Même si la Suisse n’est pas membre de l’UE, toute organisation en lien avec des partenaires ou des marchés européens va devoir, tôt ou tard, montrer qu’elle sait ce qu’elle fait avec l’IA.

Pourquoi autant de projets IA échouent ?

Depuis deux ans, les études se multiplient sur les projets IA qui ne délivrent pas le retour sur investissement attendu. Certaines enquêtes indiquent que plus de la moitié des entreprises ne voient pas de ROI positif, malgré des dépenses importantes en outils et en projets IA.

D’autres analyses évoquent jusqu’à 73 % de projets IA qui échouent à produire un ROI clair, ou encore 88 à 95 % de pilotes qui ne passent jamais en production. Ces chiffres, au‑delà de leurs nuances, pointent une même réalité : beaucoup de projets IA sont lancés sur la vague de l’enthousiasme, sans terreau humain suffisant.

Ces causes reviennent souvent :
  • des cas d’usage flous ou peu alignés avec la réalité du terrain ;
  • une absence de formation structurée des équipes ;
  • peu de dialogue sur les risques, les peurs et les limites ;
  • une gouvernance IA embryonnaire, ou inexistante ;
  • et, au fond, un non‑alignement avec la raison d’être et les priorités réelles de l’entreprise.
Dans ce contexte, l’IA devient un coût de curiosité plutôt qu’un investissement de transformation.

La formation IA en entreprise : un levier, pas un budget.

La tentation est forte de voir la formation IA comme une dépense de plus. Pourtant, les retours d’expérience s’accumulent : quand la formation est ciblée, concrète et liée à des cas métiers, les gains suivent.

Plusieurs acteurs européens montrent que des programmes de formation IA bien conçus améliorent la productivité, la qualité de décision et la satisfaction des équipes, avec des ROI mesurés parfois très élevés. Il ne s’agit pas de promettre des miracles, mais de constater que quelques heures de formation bien investies peuvent éviter des mois de projets mal cadrés.

Les bénéfices les plus fréquents sont :

  • Gain de temps sur la rédaction, la synthèse, les recherches documentaires.
  • Réduction des erreurs grâce à des check‑lists, des revues IA + humaines mieux structurées.
  • Autonomie accrue des collaborateurs sur des tâches délicates (analyse, rédaction, préparation de présentations).
  • Meilleure qualité de livrables grâce à une utilisation réfléchie des outils IA, plutôt qu’à des copier‑coller non relus.

Autrement dit, la formation IA ne sert pas à “ajouter de la technologie” ; elle sert à redonner du temps, de la clarté et de la confiance aux équipes.

Ce que l’AI Act change… même pour ceux qui ne le lisent pas

L’AI Act peut sembler lointain pour une PME vaudoise ou une commune romande. Pourtant, l’évolution du cadre européen a un effet très concret : il rend l’AI Literacy non seulement souhaitable, mais attendue.

L’article 4 demande que les organisations prennent des mesures proportionnées pour que les personnes qui utilisent ou gèrent des systèmes d’IA disposent d’un niveau suffisant de littératie IA, adapté à leur rôle. Il ne s’agit pas d’un “cours obligatoire unique”, mais d’un programme : cartographier les usages, définir les profils, former différemment un collaborateur, un manager, un référent IA.

Plusieurs guides pratiques proposent déjà des démarches en quatre ou cinq phases :

  1. Inventaire des usages IA (outils officiels et usages informels).
  2. Segmentation des rôles et des besoins de formation.
  3. Mise en place d’une politique IA claire, courte mais connue.
  4. Programme de formation et de rafraîchissement.
  5. Documentation des preuves de conformité (attestations, registres, mises à jour).

Pour une entreprise romande, c’est une formidable occasion de reprendre la main sur un sujet qui, sinon, risque de rester flou ou subi.

Former à l’IA : prendre soin de l’olivier

Revenons à l’olivier. Dans plusieurs de mes accompagnements, j’utilise cette image : l’entreprise est un olivier.

  • Ses racines : ses valeurs, sa raison d’être, ses équipes.
  • Son tronc : ses prestations, ses processus, son organisation.
  • Ses branches et ses fruits : ses produits, ses services, la valeur qu’elle délivre à ses clients.

Dans ce cadre, l’IA n’est pas un nouvel arbre planté au milieu du verger. C’est un outil d’entretien, d’irrigation, de taille, parfois de récolte. Mais pour que ces outils soient utiles, il faut que les personnes qui les utilisent aient le bon niveau de compréhension, de pratique et de sens critique.

Former à l’IA, c’est :

  • apprendre à voir où l’IA peut vraiment fertiliser le sol (processus, tâches, décisions) ;
  • accepter qu’elle ne remplace pas le jugement, mais qu’elle le complète ;
  • prendre le temps de discuter des peurs et des résistances, plutôt que de les laisser sous le tapis.

Sans cela, l’IA devient un engrais mal dosé : elle peut autant épuiser le sol qu’aider l’arbre à pousser.

Des initiatives concrètes pour apprendre ensemble

La bonne nouvelle, c’est que la Suisse romande dispose déjà d’un écosystème vivant autour de la formation et de l’expérimentation IA.

Des formations comme celles proposées par Romandie Formation ou l’Université de Genève montrent que les cantons investissent dans des journées de formation continue pour aider les PME à comprendre l’IA sans jargon, avec des check‑lists et des cas d’usage concrets.

Des acteurs privés développent également des programmes de formation IA pour PME, indépendants et services de proximité, avec des formats en présentiel et en ligne.

À Lausanne, CoLab IA propose un format unique : 2 heures pour expérimenter l’IA en petits groupes, repartir avec un processus IA fonctionnel et rencontrer une communauté de curieux.

De son côté, Outilia a structuré une offre de formations IA et de coaching pour managers et équipes en Suisse romande, avec des cas d’usage concrets et une approche très pragmatique des bénéfices et de l’adoption.

Ces initiatives montrent une chose simple : vous n’êtes pas seuls.

L’AI Literacy ne se construit pas en vase clos, mais par la pratique, le partage et l’accompagnement.

Par où commencer dans une PME romande ?

Pour une PME ou une collectivité, l’objectif n’est pas de “cocher toutes les cases de l’AI Act” du jour au lendemain. C’est de mettre en place des premières briques de littératie IA qui ont du sens pour la réalité du terrain.

Quelques pistes concrètes :

  1. Cartographier où l’IA est déjà présente
    Outils bureautiques, CRM, outils RH, assistants de rédaction, traducteurs, automatisations… Souvent, l’IA est déjà partout, mais on ne l’a pas encore nommée.
  2. Identifier 2 ou 3 cas d’usage métiers prioritaires
    Par exemple : rédaction de comptes rendus, préparation de devis, réponses clients, synthèse de documents internes. Mieux vaut commencer par des usages simples, visibles et utiles.
  3. Former un petit groupe pilote
    Un mix de collaborateurs volontaires et de managers directement concernés. L’objectif : co‑construire les premiers “workflows IA” qui fonctionnent dans la réalité de l’entreprise.
  4. Documenter les bonnes pratiques et les limites
    Ce que l’IA fait bien, ce qu’elle fait mal, où le contrôle humain est non négociable. C’est la base d’une future charte IA maison.
  5. Mesurer, ajuster, puis élargir
    Quelques indicateurs simples : temps gagné, qualité perçue, satisfaction des équipes. Sur cette base, vous pouvez décider où apporter plus de formation, où freiner, où accélérer.

Ce chemin ne demande pas de tout révolutionner. Il demande surtout d’oser nommer ce qui se passe déjà, d’ouvrir l’échange avec les équipes et de prendre des décisions conscientes.

Notre rôle : accompagner la prise de conscience et la structuration

Le rôle de Perspectives Business Solutions, n’est pas de vendre un outil IA de plus. C’est d’aider les PME et les collectivités à mettre en lumière leurs perspectives d’évolution, en gardant l’humain au centre.

Sur la question de la formation IA et de l’AI Literacy, notre rôle se situe à trois niveaux :

  • Diagnostic : comprendre où l’IA est déjà présente, où elle pourrait aider, où elle inquiète. Identifier les freins humains, organisationnels et techniques, sans jugement.
  • Quick Wins : proposer quelques premières actions simples (formation ciblée, processus IA, ajustements de pratiques) qui redonnent du temps et de la confiance aux équipes.
  • Pilotage : construire avec la direction une feuille de route réaliste pour intégrer l’IA là où elle fait vraiment sens, avec un cadre clair, des formations et un suivi.

Parfois, la conclusion du diagnostic sera “pas maintenant”. Parfois, elle révélera des opportunités qu’on ne voyait plus, des “boutures d’olivier” à planter à côté du tronc, sans chambouler l’entreprise.

Et ensuite ?

Nous sommes dans une période où “on ne sait pas ce qu’on ne sait pas” devient le quotidien de beaucoup d’organisations. La pire option avec l'IA n’est pas de ne rien faire, mais de laisser les usages se développer sans cadre, sans formation, sans écoute des équipes.

L’AI Literacy et la formation IA en entreprise ne sont pas de nouveaux buzzwords. Ce sont des façons très concrètes de prendre soin de l’arbre, de renforcer les racines et de préparer les prochaines récoltes.

Si vous sentez que le moment est venu de :

  • clarifier ce que l’IA change vraiment pour votre organisation,
  • offrir à vos équipes un espace pour poser leurs questions et leurs peurs,
  • structurer quelques premiers pas de formation IA qui ont du sens,

on serait ravi d’en parler avec vous.

Et voyons ensemble comment prendre soin de votre olivier, avant de vouloir accélérer la récolte.

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